Corps et esprit

Le Shorinji Kempo a su garder un double aspect, mental et physique : c'est ce qui apparaît en premier à tout néophyte qui se lance dans son étude. Une réflexion sur les aspects philosophiques de la discipline est systématiquement engagée, pour comprendre les liens qui doivent nous unir à notre environnement et le rôle positif que nous devons jouer dans la société.

« La force et l'esprit sont indissociables. »

Les origines

Le Shorinji Kempo est à la fois un art martial traditionnel et un système d'auto-défense efficace. Synthèse japonaise d'arts martiaux chinois plusieurs fois millénaires, il est né de la volonté d'un homme, So Doshin, qui décida, après 20 ans passés en Chine, de codifier et d'organiser les techniques que lui avaient enseignées de manière disparate des maîtres chinois.

Cette décision fut prise après que, de retour au Japon en 1946, il découvrit son pays plongé dans un profond désarroi suite à la guerre, ayant perdu ses repères moraux et sociaux. Il s'appuya sur sa connaissance des arts martiaux pour enseigner un système d'auto-développement conçu non pour se battre ou vaincre un adversaire, mais pour apprendre le contrôle de soi et trouver son équilibre physique et mental — devenir fort pour être en harmonie avec soi-même et avec les autres. Il appela cet enseignement le Kongo Zen, et c'est ainsi que naquit le Shorinji Kempo.

L'essence du Shorinji Kempo est Gyo : une méthode pour acquérir une connaissance profonde de la coopération entre les hommes et du respect mutuel.

Aujourd'hui, le Shorinji Kempo compte plus de 3 millions de pratiquants à travers le monde ; la Fédération Française, en plein développement, compte environ 1000 adhérents. Le fondateur, So Doshin, est décédé en 1980. Sa fille, So Yuuki, prend la succession de l'Organisation Mondiale du Shorinji Kempo (WSKO) jusqu'en 2019. Depuis le 1er janvier 2020, c'est son fils, Kouma So, qui dirige la WSKO.

Depuis sa création en 1947, le Shorinji Kempo s'est propagé dans tout le Japon, où il est pratiqué dans plus de 3000 clubs. Son enseignement s'est exporté dans 36 pays, dont 16 en Europe.

En France

La Fédération Française de Shorinji Kempo a été fondée en 1973 par Aosaka Senseï, 9e Dan WSKO et FFK, Directeur Technique pour la France ainsi que pour toute l'Europe, qui ne cesse depuis de se consacrer à son développement.

Né en 1946 sur l'île de Kyushu au Japon, Aosaka Senseï pratique dès l'enfance le judo et le jiu-jitsu. Uno Senseï lui fait découvrir le Shorinji Kempo, art dans lequel il se perfectionne ensuite auprès du fondateur Doshin So. En 1972, à 25 ans et titulaire d'un diplôme de 4e Dan, il est mandaté par la World Shorinji Kempo Organization (WSKO) pour développer la discipline en Europe. Il s'installe en région parisienne ; ses élèves, attirés par cet art martial encore inconnu, viennent de divers horizons (karaté, judo, aïkido…).

Rebaptisée aujourd'hui France Shorinji Kempo, la Fédération Française organise chaque année des rencontres (taïkaï) ainsi que des stages nationaux et internationaux.